La finance peut-elle vraiment être plus verte ?

Article publié le : 2 Nov, 2022
un bocal rempli de pieces de monnaie avec une petite plante verte dessus

Les accords de Paris de 2015 posent le cadre de l’urgence du changement climatique à laquelle tous les acteurs font face aujourd’hui. Pour répondre à celle-ci, fin 2018, à l’occasion du second One Planet Summit, à New York, Emmanuel Macron en appelait à l’émergence d’une finance durable et respectueuse de l’environnement. Coup de projecteur sur la finance verte, ses composantes, ses enjeux et ses instruments.

Qu’est-ce que la finance verte ?

La Finance verte définit les actions et opérations financières favorisant la transition énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique.

Elle s’inscrit dans des démarches d’investissement responsable (IR) ajoutant aux critères financiers des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).

La finance verte porte comme ambition de contribuer à la décarbonation de nos économies, au ralentissement du réchauffement climatique et au développement d’une économie durable pour l’environnement.

Pour répondre à ces objectifs, la finance durable s’appuie sur différents instruments et mécanismes tels que les obligations vertes, les labels ISR, les fonds verts agissant pour le développement d’investissements socialement responsables afin de lutter contre le changement climatique.

Définition d’une obligation verte

Lors de la COP21 en 2015, la France prend l’engagement d’émettre des obligations vertes.
L’obligation verte, ou Green bond, représente un titre de dette émis sur un marché financier et destiné à participer au financement des projets de lutte contre le réchauffement climatique, de soutien à la transition énergétique, etc.

L’obligation verte a pour but de répondre à 4 objectifs environnementaux nationaux :

  • La lutte contre le changement climatique
  • La protection de la biodiversité
  • La diminution de la pollution de l’eau, de l’air et du sol
  • L’adaptation au changement climatique

Les outils de la finance verte

Au-delà des obligations vertes et des “green bonds principles” énoncés auparavant, il existe d’autres outils pour favoriser le financement de la transition écologique comme :

  • le marché au carbone visant à allouer des « droits à polluer » pouvant être échangés sur un marché.
  • le bonus-malus écologique (écopastille) a pour objectif d’augmenter le cout d’achat des voitures polluantes et alléger celui des voitures peu polluantes pour inciter l’achat.
  • les placements et travaux verts permettant des avantages fiscaux, ou encore
  • la taxe carbone.

Les enjeux de la finance verte

Il s’agit de financer la transition écologique énergétique et de sponsoriser des outils retardant le changement climatique. Pour mener à bien cette mission, le ministère de la transition écologique doit poser les bases d’un environnement commun à tous les acteurs, avec des règles identiques pour tous, des conditions précises, des labels uniques et identifiés, une transparence et traçabilité des fonds accessibles à tous etc.

Dans le même temps , les acteurs du secteur financier doivent veiller à verrouiller les projets très énergivores ou détruisant des écosystèmes en arrêtant de les financer, en favorisant des investissement socialement responsables.

Les différents acteurs financiers comme la BCE ainsi que des grandes banques : HSBC, la Banque de France agissent significativement dans le développement d’une finance durable par le biais d’actions via un programme d’action pour le climat et la protection de l’environnement mais aussi grâce à la création d’un centre du changement climatique par la BCE.

Quels sont les labels dédiés à la finance verte en France ?

Pour donner de la visibilité aux actifs verts, et de pouvoir suivre les flux financiers allant vers la transition énergétique et écologique, la France a créée 3 différents labels pour participer au développement du financement vert :

  • Le label Greenfin a pour objectif de garantir la qualité verte des fonds d’investissement et s’adresse aux acteurs financiers agissant au service du bien commun grâce à des pratiques transparentes et durables.
  • Le label financement participatif de la croissance verte accrédite le développement de projets verts par le biais d’intermédiaires du financement participatif. Il se base sur sa capacité à mobiliser une communauté et permet de récolter des sommes importantes autour de projets à impact positif ayant pour but le financement de la transition écologique entre autres.
  • Le label investissement socialement responsable

L’investissement socialement responsable vise à concilier performance économique et impact social et environnemental en finançant des entreprises contribuant au développement durable dans tous les secteurs d’activité.

Le label ISR est attribué par des organismes indépendants au cours duquel un processus strict de labellisation est mené afin de représenter un repère unique pour les épargnants souhaitant contribuer au développement durable.

Un exemple de choix de finance verte : Larry Fink, patron de BlackRock

Pour illustrer le choix d’une finance verte, voici l’exemple de Larry Fink, patron de BlackRock, numéro mondial de la gestion, à la tête de plus de 8 500 milliards de dollars d’actifs qui s’est lancé le nouveau challenge de convertir des entreprises à la lutte contre le réchauffement climatique.

Face aux différentes prises de paroles du géant américain qui pèse plus de 3 fois le PIB de la France, tous les acteurs financiers : investisseurs, sociétés de gestion, assureurs, banques se sont mis en ordre de bataille afin d’agir pour la transition écologique.

Pour aller plus loin :

https://www.novethic.fr/actualite/finance-durable/isr-rse/larry-fink-veut-engager-blackrock-vers-des-investissements-plus-durables-148099.html

La finance verte se révèle être un excellent moyen d’investir en respectant l’environnement et en participant au financement de projets vertueux à impact positif.

Celle-ci se retranscrit sous différentes formes, ou mécanismes : obligations vertes, projets de financement participatif écologique, marché au carbone, bonus malus écologique, ou encore la taxe carbone.

Face à l’urgence climatique, l’Europe dispose d’un rôle primordial visant à développer la finance durable. Dans une démarche incitative de protection de l’environnement, les différents gouvernements et la commission européenne agissent pour la rendre accessible à tous à travers par exemple des placements et travaux verts qui font bénéficier d’avantages fiscaux.

Article rédigé par : BILIS