Un rapport d’audit se juge à une chose : la direction qui le referme sait-elle quoi faire ? Beaucoup de rapports décrivent correctement une situation sans permettre de décider, faute d’avoir relié chaque constat à un critère, à une cause et à un effet.
Le rapport d’audit est un document officiel qui vérifie que la réglementation (norme, procédure, politique…) au sein d’une société est respectée. Il est rédigé par un prestataire externe ou en interne, à destination de la Direction. Son objectif principal est de permettre à la structure de s’améliorer. De ce fait, il doit pointer efficacement les dysfonctionnements et les points à améliorer.
Que contient-il exactement ? À quoi ressemble son plan ? Quelles opinions l’auditeur peut-il rendre, et que faut-il surveiller quand le document doit être traduit ? Voici ce qui sépare un rapport exploitable d’un rapport classé sans suite.
À quoi sert un rapport d’audit ?
Avant de rédiger un rapport d’audit, il faut savoir à quoi il sert. Il travaille sur trois registres.
Le premier : pointer les défaillances. Il analyse les situations qui ne répondent pas à la réglementation propre au secteur d’activité dans lequel il s’inscrit, pour que la structure travaille sur ces non-conformités.
Le deuxième : identifier ce qui fait fonctionner la société de façon positive, afin de le mettre en avant et de poursuivre l’action. Le rapport d’audit ne se rédige pas qu’en termes négatifs. Pour actionner les bons leviers, encore faut-il savoir ce qui fonctionne autant que ce qui pose problème.
Le troisième relève de « l’entre-deux », à savoir ce qui fonctionne mais pourrait être amélioré, au risque de rencontrer un problème de non-conformité à l’avenir.
Lire aussi : Comment le rapport du commissaire aux comptes assure la conformité financière ?
Les quatre types de rapports d’audit
Il est plus juste de parler de rapports d’audit au pluriel, car il existe bien une typologie. Les différents types de rapport ne s’appuient pas tous de la même façon sur les trois objectifs cités ci-dessus.
- L’audit financier : le plus plébiscité, il se réfère à l’examen des rapports financiers. Pour en savoir plus sur le rôle de l’audit comptable et financier, consultez notre article dédié.
- L’audit de conformité : il détermine les conformités et non-conformités à la réglementation en vigueur s’appliquant au sein de la structure auditée.
- L’audit d’investigation : il intervient lorsqu’un problème précis a été identifié (violation présumée du règlement ou de la loi).
- L’audit opérationnel : il analyse les ressources pour s’assurer qu’elles sont correctement et suffisamment sollicitées dans le cadre d’une mission ou pour remplir des objectifs précis.
Que contient un rapport d’audit ? Le plan type
Le rédacteur s’appuie sur les résultats de la mission pour dégager ses sections, du général au spécifique. Dans la pratique, le document s’articule autour de huit blocs.
- Page de garde et périmètre : entité auditée, période auditée, nature de l’audit, date d’émission.
- Contexte et objectifs : la raison de l’examen, ce qui a été examiné et, surtout, ce qui ne l’a pas été. Un périmètre flou rend le rapport contestable.
- Déclaration sur les normes d’audit : la mention attestant que la mission a suivi le référentiel applicable.
- Méthodologie : sources, échantillons, entretiens, limites rencontrées.
- Constats : le cœur du document, rédigés selon la méthode ci-dessous.
- Recommandations : chacune adossée à un constat et à un levier, jamais à un principe général.
- Opinion de l’auditeur : l’avis rendu au terme de la mission.
- Annexes : pièces justificatives, tableaux, glossaire des termes et acronymes.
Chaque constat expose quatre éléments, dans cet ordre :
- les critères : ils rendent compte de la réglementation
- la condition : elle établit si la structure répond ou non à la norme
- la cause : elle détermine la problématique (en cas de non-conformité)
- l’effet : elle évalue les retombées
C’est cette chaîne qui rend un rapport actionnable. Un constat qui s’arrête à la condition décrit un écart. Un constat qui va jusqu’à l’effet permet d’arbitrer.
L’introduction, elle, se rédige à la fin : elle informe sur le contenu du rapport et contextualise l’audit. La conclusion prend la forme d’un résumé des résultats, avec les recommandations et l’avis.
Les quatre opinions de l’auditeur, et ce qu’elles changent
Au terme de sa mission, l’auditeur rend un avis. Cette opinion est la sortie du rapport : c’est elle que lira la direction, et elle qui détermine la suite. Quatre formulations sont possibles.
- L’opinion sans réserve : le périmètre audité est conforme. Rien à corriger sur ce qui a été examiné.
- L’opinion avec réserve : la conformité est établie, sauf sur un point identifié et circonscrit. Ce point devient le plan d’action.
- L’opinion défavorable : les anomalies relevées sont telles que le périmètre audité n’est pas conforme. La correction est structurelle, pas cosmétique.
- L’impossibilité d’exprimer une opinion : l’auditeur n’a pas pu réunir les éléments nécessaires pour se prononcer. Ce n’est pas un jugement sur la conformité, c’est un constat sur l’accès à l’information. C’est souvent le signal le plus inconfortable pour une direction.
Point de vocabulaire : on rencontre parfois la formule « opinion de non-responsabilité », calque de l’anglais disclaimer of opinion. La terminologie normée en français est « impossibilité d’exprimer une opinion ». Le détail paraît mineur, il ne l’est pas : dans un rapport transmis à une maison mère étrangère, c’est exactement ce type d’écart qui fait perdre au document une partie de sa portée.
Les codes d’écriture d’un rapport d’audit
En plus d’une structure à suivre, un tel document répond à des codes de langage qu’il faut connaître. Par exemple :
- La syntaxe doit être simple et nourrie de termes techniques précis.
- Sans vulgariser le langage, la terminologie doit cependant être rendue compréhensible. Le propos est clair et étayé.
- Les parties sont bien identifiées.
- Les formulations vont droit au but.
- Les recommandations s’appuient sur des éléments précis (quels leviers activer pour viser une amélioration).
Une règle pour arbitrer en cas de doute : écrivez en pensant à ceux qui liront. Les détails techniques doivent rester lisibles, et les acronymes définis dès leur première apparition.
Traduire un rapport d’audit : les points de vigilance
Dès qu’une structure est internationale, le rapport finit par changer de langue. Maison mère à l’étranger, régulateur, acquéreur en phase de due diligence : le document circule. C’est là que la traçabilité construite en amont tient ou se perd.
Les chiffres passent mal les frontières. Séparateur décimal, séparateur de milliers, format de date : les conventions diffèrent, et un montant recopié tel quel peut être lu à un facteur mille près. Le sujet mérite à lui seul un point complet sur la traduction des chiffres. S’y ajoute la terminologie comptable, qui ne se transpose pas d’un référentiel à l’autre : c’est tout l’enjeu des différences entre IFRS et US GAAP.
La terminologie, et ce qui ne se traduit pas. Trois défaillances reviennent sur toute traduction automatique non relue. Le même terme rendu de deux façons dans un même document : sur un constat d’audit, où chaque mot renvoie à un critère, l’écart rend la lecture incertaine. Les éléments qui ne devraient pas l’être, raisons sociales et adresses en tête : une « rue de la Petite Rivière » rendue en « rue de la Small River » suffit à invalider un document officiel. La confidentialité enfin : un rapport d’audit n’est pas public, et déposé dans un outil en ligne grand public, il sort du périmètre de l’entreprise sans que personne ne s’en aperçoive.
Le contrôle final reste humain. La norme ISO 17100 impose une relecture par un second linguiste natif, et ce n’est pas une formalité : une « relecture rapide » n’existe pas, soit il y a une relecture, soit il n’y en a pas. Sur un document standard, nous constatons une traduction automatique fiable à environ 90%. Sur un rapport qui engage, ce sont les 10% restants qui décident : sans relecture humaine, il subsiste toujours un risque d’erreur non visible, y compris pour un lecteur bilingue. C’est tout le problème du destinataire, qui ne peut pas vérifier lui-même dans une langue qu’il ne maîtrise pas.
Notre position est pragmatique. Sur un document de travail interne, un premier jet automatique rend service. Sur un rapport destiné à être publié, déposé ou opposé, il n’a pas sa place sans contrôle expert. Le calendrier suit la même logique : comptez 2 500 à 6 000 mots par jour pour un traducteur, environ 8 000 pour un relecteur. Reste la version finale mise en page : les conditions générales des agences sérieuses prévoient une clause de bon à tirer, et si le document part à la publication sans qu’elles l’aient relue, la responsabilité bascule sur le client.
Seuls des professionnels spécialisés dans le secteur de la finance, comme une agence de traduction financière, sont en mesure de réaliser ce type de traduction. Sur ce terrain, les erreurs de traduction financière qui coûtent cher sont rarement spectaculaires : elles sont discrètes, et se découvrent tard.
Questions fréquentes
Qui rédige le rapport d’audit ?
L’auditeur en charge de la mission, interne à l’entreprise ou mandaté à l’extérieur. Le commissaire aux comptes, lui, rend un rapport spécifique dont le contenu et la forme sont encadrés par la loi.
Quelle différence entre un rapport d’audit et un compte rendu d’audit ?
Le compte rendu relate le déroulé de la mission : ce qui a été fait, quand, avec qui. Le rapport engage une opinion et des recommandations. L’un documente, l’autre conclut.
Combien de temps faut-il pour faire traduire un rapport d’audit ?
Rapportez le volume à une production de 3 000 à 4 000 mots par jour, puis ajoutez la relecture. Un rapport de 15 000 mots ne se traduit pas en 48 heures.
Un bon rapport d’audit tient dans une chaîne qui ne casse nulle part : un critère, un constat, une cause, un effet, une recommandation, une opinion. Chaque maillon doit rester lisible par celui qui reçoit le document, y compris quand ce document a changé de langue entre-temps. C’est aussi ce qui permet aux audits suivants de s’appuyer dessus.
